Comment choisir et implanter des prairies de moyenne ou longue durée ?

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C’est bientôt le moment d’implanter ou de refaire les prairies. Voici quelques conseils sur le choix des variétés et espèces, sur des exemples d’itinéraire technique.

Le choix des espèces, les associations

Le choix des espèces se fait selon trois critères :

  • La durée de vie de la prairie souhaitée et sa productivité : les espèces très productives ont souvent une durée de vie assez courte. Par contre, les espèces de longue durée ont une productivité plus faible et sont plus lente d’installation. Il faut donc choisir !
  • La répartition de la production sur l’année : certaines espèces, comme les fétuques, permettent d’allonger les durées de pâturage, d’autres très productives au printemps ou à l’automne sont moins intéressantes quand la température approche 30° (RGA).
  • Le mode de conduite : des espèces adaptées à la fauche (trèfle blanc géant) ne supportent pas le piétinement donc le pâturage. D’autres comme le trèfle incarnat sont particulièrement bien adaptées à la pâture (non météorisant), beaucoup moins à la fauche.

De nombreuses associations sont possibles. Sans rechercher la complexité, les associations de 2 graminées et 2 légumineuses au moins sont plus intéressantes que des associations simples, à condition de choisir des espèces à même précocité.

Prairie de « constitution de stock fauche » productives mais de courte durée :

-Trèfle violet+ RG hybride ou RGA
-moha
Le trèfle violet favorise la levée de dormance du rumex !

 

Prairies pérennes (pâture/fauche)

Dactyle, fétuque élevée, trèfle blanc géant (prairies de fauche) ou nain (prairies pâturées), trèfle incarnat. La fétuque des prés et la fléole sont des espèces un peu oubliées. Elles sont pourtant très adaptées à la pâture et résistent bien aux conditions séchantes. Elles remplacent avantageusement la fétuque élevée pour les prairies pâturées.

Le choix des variétés

La recherche sur les semences permet maintenant d’avoir des variétés adaptées aux conditions sèches. En ce qui concerne les trèfles, les variétés sont plus pérennes, les lots de semences moins « salissants ». Deux options se présentent : acheter des mélanges tout faits ou acheter des espèces isolées.
- Pour éviter une épiaison trop précoce, choisir des variétés non alternatives, non remontantes et tardives (surtout pour le RGA et le dactyle).
- Les variétés diploïdes offrent plus de souplesse d’exploitation (fauche/pâture) que les tétraploïdes qui sont à réserver à la fauche.
- En ce qui concerne les légumineuses, et notamment le trèfle blanc, les mélanges naint-géant offrent plus de souplesse d’utilisation qu’une variété pure (à condition de choisir des variétés à même agressivité).

Exemples non exhaustifs (semenciers cités : Barenbrug1, Caussade2, Jouffray Drillaud3, Semences Vertes4.
Dactyle : prendre des tardifs pour une pâture la plus longue possible. Beluga4 (très tardif), Brennus1, Vaillant3 (sécheresse estivale), Lotuss2.
Fétuque élevée : prendre des variétés à feuilles souples type : Flexi3, Bariane1, Venus2 (conditions sèches).
Fétuque des près : Préval4, Pradel1(conditions sèches, productive), Mimer3.
RG anglais : prendre des diploïdes tardifs type Portia3, Barlatan1, Twystar4.
RG hybride : Milor 3, Lemur4, Keurdor1.
Fléole : prendre des diploïdes tardifs, Tiller3.
Trèfle blanc : Les mélanges offrent plus de souplesse qu’une variété seule (ex : Duo3, Klondike4 , Tandem3). Sinon prendre Olwen, Aran3, Rivendel1, Milo3, Huia, etc.
Trèfle violet en association : Formica3(faible teneur en oestrogène), Duetto4, Lemon1, Dimanche2.
Trèfle incarnat : Bolsena2.

N’hésitez pas à nous contacter pour le choix des variétés !

 

Doses de semis / ha
Variétés pures : dactyle 20/25 kg, fétuque élevée 25/30 kg, fétuque des près 20kg, RGA et RGH 20/25 kg, fléole 7 kg, trèfle violet diploïde 15 kg, trèfle violet tétraploïde 20 kg, trèfle blanc 2 à 5 kg.
Semis en association : T violet + graminée : 10/15, T blanc + graminée : 3/graminée même dose que en pur (on peut toutefois baisser la dose).

Préparation du sol

L’objectif est de réaliser un travail du sol le plus fin possible : émiettement, absence de résidus de culture visibles, contact fin entre la graine et le sol.

Exemple d’itinéraire :
- Broyage des résidus, quelque soit le précédent, et enfouissement pour éviter le développement des ravageurs du sol et éviter de gêner le développement des graines.
- Décompactage si le sol est tassé.
- Labour ou Rotavator. Le labour est utile pour enfouir les résidus de récolte et les engrais de ferme.
- Cultipacker ou rouleau : il faut tasser et rappuyer le sol avec autant de passages que nécessaire.

Le semis

Les semis devraient « théoriquement » avoir lieu avant la 2° quinzaine d’octobre pour optimiser le développement de la prairie, cependant, des semis plus tardifs peuvent bien réussir si l’hiver est peu rigoureux.
La profondeur de semis doit être très faible, soit au maximum 2 cm pour favoriser la levée des graines.
- Semis au Vicon ou au semoir. Le mélange des espèces doit être réalisé avec précaution pour répartir les graines de façon harmonieuse. Il vaut mieux des petites doses répétées plutôt qu’une seule grosse dose d’emblée. Dans le cas du semis au Vicon, augmenter la dose de 10%.
- Dans le cas des semis d’association et quand c’est possible, semer d’abord la graminée puis semer la légumineuse en diagonale.
- Passage d’un Cultipacker ou rouleau directement après le semis, il faut rappuyer le sol pour favoriser la levée.

 

Suivi de parcelle en Pays Basque : conversion d’une parcelle de maïs en praire de fauche (vente de regain)

-Précédent maïs grain en monoculture depuis plusieurs années,
-Broyage des résidus et 1 seul passage de Rotavator,
-Semis au Vicon le 18 octobre 2006 d’une association Dactyle Luflor (13kg), fétuque Flexi (7kg) et trèfle blanc Klondike (2kg) /ha.
-Pas de désherbage ni de fertilisation au semis.
-1° récolte en enrubanné le 10 mai, destinée au troupeau bovin viande (3.4t/ha).
-2° récolte le 13/07/2007, regain vendu à un éleveur de brebis (4.4t/ha).
Cette expérience montre que même avec un semis tardif et un travail du sol simplifié (pas de labour), la prairie peut s’implanter correctement. Dans cette parcelle, le bénéfice de la rotation est particulièrement bien démontré avec un démarrage de la prairie facile qui n’a pas nécessité de désherbage, une proportion de trèfle importante et des rendements en première année élevés malgré des doses de semis faibles.

 

Fertilisation

Pas de fertilisation azotée dans le cas des prairies avec légumineuses!

Engrais de fond :

-Sur prairies régulièrement pâturées : pas d’apport d’engrais de fond, les déjections suffisent.
-Sur prairies de fauche, quand c’est possible, apporter des vieux fumiers ou du compost à l’automne.
Avec un précédent prairie, il est inutile de fertiliser au semis. La dégradation du couvert végétal correspond à un engrais très riche à condition de laisser passer 1 mois entre la destruction et le semis.

Engrais « type starter » au printemps

Si besoin, un petit épandage d’azote minéral (moins de 50 u) est envisageable en début de pousse. Il peut être avantageusement remplacé par un apport de lisier ou fumier frais.
Éviter les fumiers de volailles ou de porcs (risque de botulisme).

Désherbage

Au semis :

-Proscrire le désherbage chimique. Il vaut mieux détruire mécaniquement le précédent et l’enfouir 3 semaines à 1 mois avant le semis. Celui-ci servira d’engrais à la prairie semée. Le choix de variétés à implantation rapide permet d’étouffer la levée des indésirables.
-La technique du faux-semis (préparation du sol comme pour un semis puis destruction mécanique des indésirables qui ont levé) est très efficace.
-Le compostage des fumiers permet d’assainir et donc d’éliminer les éventuelles mauvaises graines.

Sur prairie en place :

Proscrire le désherbage chimique en plein. Le mode de conduite est le meilleur outil de désherbage.

 

Entretien et conduite

Quand c’est possible, l’alternance entre période de fauche et de pâture, entre animaux différents, entre cultures différentes, est une pratique toujours intéressante.
Pour compenser le développement des indésirables type rumex, chardon, pissenlit, etc, liées à des pressions de pâturage importantes, pratiquer une aération du sol avec des outils type Juranne, Airway, Agrissem, etc. Éviter les doses d’engrais de ferme trop importantes qui favorisent des espèces nitrophiles peu appétantes. Un chaulage léger et régulier (300 kg de carbonates/ha tous les 2 ans) est préférable à des fortes doses.



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