Comment profiter de l’herbe de printemps ?

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Le pâturage de printemps constitue la ration la moins chère de l’année. Pour que les animaux en profitent au mieux, il faut faire en sorte de maîtriser quelques paramètres sanitaires et alimentaires.

Stress de sortie des animaux

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Stress lié au changement de ration : quantité d’herbe ingérée plus importante et composition de l’herbe de printemps déséquilibrée

D’autant plus important que les animaux ont passé une longue partie de l’hiver en étable ou en bergerie.
D’autant plus important que les comportements sociaux ont été inhibés, par exemple pour les animaux à l’attache. Le troupeau « doit se réorganiser », trouver de nouveaux repères. C’est une période de stress intense.
D’autant plus important que les animaux ont une ration hivernale à base de fermenté.
D’autant plus important que les animaux ne sont pas habitués à pâturer!

= Des risques alimentaires et sanitaires

schéma

Les caractéristiques de l’herbe de printemps

Elle est naturellement pauvre en fibres, pauvre en cellulose, riche en azote soluble, en sucres et en eau, et déséquilibrée en minéraux et oligo-éléments (sureprésentation du phosphore, du calcium, du potassium, pauvreté en sodium et en magnésium).
Elle constitue donc une ration de base à tamponner avec des apports grossiers, un apport limité de concentrés énergétiques et azotés (surtout sous forme soluble), une correction des apports en minéraux.

 

Des animaux à adaptation lente

Avec des rations hivernales souvent riches en amidon, la flore microbienne de la panse des ruminants est plutôt amylolytique (riche en flore de dégradation de l’amidon). Au printemps, avec une alimentation riche en herbe, c’est une flore cellulolytique qui devient nécessaire (flore de dégradation de la cellulose). Elle ne se développe pas du jour au lendemain! Il faut donc prévoir une transition alimentaire longue et progressive.
Rappelons également que l’alimentation doit être équilibrée en énergie/azote avec le même niveau de dégradabilité.
C’est la présence d’éléments solubles (ex : luzerne déshydratée) qui est la plus gênante et difficile à maîtriser.

Réussir la transition alimentaire

  • Dans tous les cas, lester les animaux avant la sortie en distribuant un fourrage fibreux, grossier et éviter de sortir les animaux le matin.
  • Faire une mise à l’herbe progressive sur au moins 3 semaines : 1/2 heure pendant quelques jours, puis 1 h, puis 2 h, et ainsi de suite. Les mises à l’herbe tardives et brutales sont les plus risquées.
  • Diminuer progressivement les apports de concentrés et d’azote. Surveiller l’excès d’éléments solubles par l’observation des animaux ou un test urée (avec un bande ou une mouillette, directement dans le lait).
  • Compenser le stress par des calmants type bicarbonate ou chlorure de magnésium (30 g/vache/jour ou 5 g/brebis/jour) ; Forcer les animaux à en consommer avec par exemple la mise à disposition d’un seul point d’eau traité.

Sans transition alimentaire, il se produit une accélération du transit liée à une ration plus liquide et plus riche en éléments solubles ; il peut y avoir aussi excès d’azote soluble (alcalose) ou d’énergie (cétose), si la diminution des apports est trop faible. Il s’en suit des diarrhées, des problèmes d’infertilité. Il peut y avoir aussi gaspillage de la ration avec un état d’engraissement qui augmente sans que la production suive.

Renforcer l’immunité

C’est par une bonne assimilation des minéraux que se renforce l’immunité.

  • Prévoir une cure de chlorure de magnésium et/ou la mise à disposition de blocs à lécher (riches en iode, sélénium, sel) bien avant la mise à l’herbe et pendant les premiers jours de pâturage.
  • Éviter de trop fertiliser en potasse et en azote ; l’excès de ces deux éléments dans le sol provoque un lessivage du magnésium, ce qui aggrave le risque de carence induite en cet élément. Ceci est à surveiller surtout pour le pâturage sur prairies temporaires à graminées seulement.
  • Respecter la règle de transition alimentaire.

Sans ces précautions, le principal risque est une carence en magnésium appelée tétanie d’herbage. Cette carence en magnésium est provoquée par plusieurs facteurs : parfois, une carence vraie de l’herbe en magnésium (surtout vrai pour les prairies à graminées pures), un excès de fertilisation, conjugués avec une mauvaise transition alimentaire et le stress. Il y a accélération du transit provoquant une moindre assimilation des éléments.
Si les animaux sont vraiment affaiblis, le risque d’entérotoxémie augmente.

Maîtriser le parasitisme

Suite à un hiver plutôt doux, le risque de parasitose devrait être important ce printemps. Le recours au traitement systématique peut être évité en respectant quelques points :

  • Éviter de faire pâturer trop ras.
  • Éviter le pâturage avec la rosée.
  • Éduquer les agnelles ou les génisses à pâturer sur des parcelles saines qui leurs sont réservées (parcelles peu pâturées par les aînées). Elle seront plus résistantes.
  • Pour mesurer l’intérêt d’un traitement, effectuer une coprologie (environ 15€ par test) ; prélèvement directement sur la litière par lots d’animaux (différencier agnelles ou génisses des aînées).

Le recours à la vaccination systématique ou aux traitements préventifs peut ainsi être évité. Les traitements sont alors ciblés et plus efficaces. Les animaux sont éduqués à « résister » naturellement aux parasitoses et maladies.

En résumé

veau

  • Éviter de sortir les animaux le matin
  • Distribuer un fourrage fibreux avant la sortie
  • Faire une transition alimentaire sur au moins 3 semaines
  • Distribuer des compléments type pierre à lécher, ou cure de chlorure de magnésium, avant et pendant la mise à l’herbe
  • Diminuer progressivement la part des concentrés énergétiques et azotés
  • Réserver des parcelles saines aux agnelles, génisses

Prendre en compte le fonctionnement complexe du système digestif des ruminants est déterminant à cette époque de l’année. Ils ont des mécanismes d’adaptation lents, progressifs. Sans cette prise en compte, le risque sanitaire peut devenir préjudiciable et annuler le gain économique d’un aliment simple, naturel et « gratuit ».



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