Repères pour l’alimentation des brebis en fin de gestation/début de lactation

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Cette fiche se base sur des rappels des besoins physiologiques des brebis et tente de donner des repères pour le début de campagne, pour démarrer sur des bonnes bases!

Des besoins très variables

D’une part, les besoins des brebis varient tout au long de l’année, on distingue :

  • Les besoins d’entretien ; pour se déplacer, résister au froid après la tonte, bref, vivre! La brebis se sert de sa ration avant tout pour assurer ses besoins d’entretien!
    Par exemple, sur des parcours venteux, le besoin en UFL peut être augmenté de 10 %. Après la tonte, il peut augmenter de 50 %.

À ces besoins d’entretien se rajoutent dans l’année :

  • Les besoins particuliers liés à la gestation. Besoins très élevés avec une capacité d’ingestion limitée!
  • Les besoins liés à la lactation, importants en début de campagne, ils baissent progressivement.

 

D’autre part, les besoins des brebis sur une journée sont fixes :

  • Le besoin en « volume à ruminer » et en matière sèche. Les ruminants ont besoin de fourrage fibreux pour ruminer.
  • Le besoin en énergie (traduit en UFL) ; Cette énergie est d’abord apportée par la fermentation du fourrage consommé dans la panse puis complémenté si besoin par des céréales.
  • Le besoin en protéines (traduit en PDI) ; elles sont d’abord apportées par la digestion du fourrage consommé et des microorganismes dans l’intestin, puis si besoin par l’ajout de protéagineux dans la ration.
  • Le besoin en minéraux ; une alimentation variée devrait suffire aux animaux la plupart du temps ; La période la plus difficile est la fin de gestation qui nécessite souvent une complémentation (granulés ou poudre), notamment en phosphore, calcium et sélénium. Ex : la luzerne apporte à elle seule un niveau intéressant de calcium.
  • Le besoin en eau : une brebis en lactation boit 5l minimum par jour ; l’accès à l’eau doit être facile!

Des fibres avant tout

Des fibres à tous les repas servies en premier.
Le bon fonctionnement de la panse est primordial chez les ruminants. Dans ce but, c’est l’apport de fibre qui est important ; Il faut donc savoir estimer globalement dans la ration par quoi sont apportées les fibres, si il y en a suffisamment ou si il y en a trop. Ce qui compte c’est bien l’aspect « coupant » au toucher. On pense aux foins de 1° coupe, au foin de luzerne brins longs, mais dans certains cas, le regain ou l’herbe pâturée sont fibreux aussi!
Ex de risque d’une ration sans fibre : l’acidose! Par manque d’activité ruminale.

Ex de risque d’une ration trop fibreuse : dans ce cas, l’encombrement provoqué par ces fibres induit un ralentissement du processus d’assimilation de l’énergie et de l’azote et donc une baisse de la valeur de la ration et de la réponse de l’animal en terme de production. La période la plus critique à gérer est la fin de gestation où la capacité d’ingestion est très limitée.

 

Bien penser les associations énergie/azote

La complémentation en énergie et matière azotée doit bien sûr assurer un niveau d’apport suffisant mais surtout une « réponse ruminale égale ». C’est la rapidité d’assimilation des éléments qui compte, un mauvais choix d’association ayant souvent des répercutions graves.

schéma

Deux éléments à retenir

Pour tenir compte d’une part du « fonctionnement » des brebis et d’autre part de la variabilité de la qualité des fourrages deux règles sont à retenir :

  • Le respect d’un temps de transition long
    Tous les changements de ration (et plus particulièrement entre la gestation et le début de lactation) doivent être progressifs afin que la brebis puisse s’adapter à la ration proposée et la valoriser au mieux.
  • Le calage quotidien
    Dans nos systèmes à l’herbe, la qualité de la ration de base (en vert ou en sec) varie beaucoup. Les besoins des animaux aussi (froid, stress, baisse de production). L’alimentation devrait donc être corrigée quotidiennement après vérification de la réaction des animaux à la ration proposée, en observant l’état corporel, le volume de lait produit, la santé des animaux, etc. Ce calage peut aboutir à la constitution de lots homogènes si besoin.

7 semaines pour assurer une campagne!

Le non-respect des principes de base de l’alimentation dans la période qui part de 4 semaines avant la mise bas et se termine 3 semaines après la mise bas se solde automatiquement par des difficultés préjudiciables pour toute la campagne.

 

Préparer les brebis
En début d’automne, période où les brebis ont tendance à être plus maigres que d’habitude, il ne faut pas hésiter à les aider à « se refaire » pour les amener à un état d’entretien (vérifié par le poids ou l’état corporel) confortable, ni gras, ni maigre. Ce bon état devrait être atteint (et maintenu) au moins 4 semaines avant l’agnelage.
Ex de risque : une brebis maigre ou carencée, court entre autres, le risque de produire un colostrum déficient qui va à coup sûr provoquer des maladies néonatales chez l’agneau (diarrhées), cas fréquent après des étés difficiles. 

2 à 4 semaines avant la mise bas, la ration doit être peu encombrante mais riche en énergie et azote. (*ex : brebis de 55 kg, état moyen, portée 1. Capacité d’ingestion 1.6, besoin en UFL 1.24, PDI 126). Le fourrage choisi doit donc être peu encombrant mais fibreux, la complémentation en énergie et azote augmente progressivement.
À ce moment de l’année, une cure de chlorure de magnésium peut aider les brebis et faciliter leurs mise bas.
Ex de risque : pour les brebis mal préparées (qui n’ont pas eu l’occasion de se refaire), pour celles qui ont des portées doubles, le risque de toxémie de gestation est fort ; il survient si la ration est déficitaire en énergie ; la brebis va alors brûler ses propres réserves de gras pour alimenter ses petits et encaisser cette période d’autant plus difficile qu’elle y a été mal préparée.

Dans les semaines qui suivent l’agnelage, les besoins en énergie et azote augmentent fortement et rapidement (ils doublent en environ 4 semaines) mais la capacité d’ingestion revient à sa normale (*ex brebis de 55 kg, production 2 litres, capacité d’ingestion : 2.7, UFL 2.41, PDI 293 ; il est d’usage de surévaluer les besoins des brebis par rapport à l’objectif de production). La ration de fin de gestation devrait servir de base avec une augmentation progressive des apports énergie/azote et de l’apport de fourrage. Une gestion du troupeau en lots (brebis productives/ brebis moins productives) permet de donner une ration adaptée à chacune et évite d’avoir des brebis sousutilisées et d’autres qui utilisent la ration pour engraisser sans produire!

*données CDEO

Estimer ce qu’apporte le fourrage en vert ou en sec

Première estimation : la quantité d’herbe ingérée au pâturage. Elle dépend : de l’habitude qu’ont les brebis de pâturer, de la quantité apportée en bergerie, de la disponibilité en eau, du climat, du changement fréquent de pâture, etc.
On peut estimer à 1kg brut/h consommé les 3 premières heures et 500 g/h les heures suivantes.
Deuxième estimation : la valeur du fourrage en PDI, UFL, UEM, etc. Ex : foin de PT trèfle violet/graminées séché en grange : 0.88 UFL, 137 PDI ; pâturage PT hiver : 0.95 UFL, 115 PDI ; *regain dactyle : 0.82 UFL, 96 PDI ; Les PP à flore complexe (plus de 5 espèces) permettent de mettre en jeu des mécanismes d’autorégulation bénéfiques pour l’animal.
Dans tous les cas, il s’agit toujours d’estimation! Les valeurs sont à prendre avec des pincettes, le meilleur indicateur d’efficacité de la ration reste l’observation de la réaction des animaux.

Rien ne remplace le savoir-faire de l’éleveur et la connaissance qu’il a de son troupeau!
Chaque élevage a des caractéristiques propres qui en font un écosystème unique et non reproductible : caractéristiques physique (sols de la ferme, climat), biologique (génétique des animaux, niveau de production) et surtout « sociale » (organisation des bâtiments, état sanitaire, habitudes quotidiennes). Se rajoute à ceci, de nombreux paramètres de l’alimentation qui sont «estimés».
Aussi, on ne peut aboutir à la constitution de recettes de rations types applicables partout. C’est l’expérience de l’éleveur et l’équilibre troupeau-herbe-éleveur qui compte avant tout.



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