Les 10 principes de l'agriculture paysanne

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1. Répartir les volumes de production afin de permettre au plus grand nombre d’accéder au métier et d’en vivre.

L’industrialisation et la concentration des exploitations qui l’accompagne font produire toujours plus avec de moins en moins d’actifs. Les quantités à produire en agriculture étant globalement limitées, le développement des uns se fait au détriment des autres. Deux niveaux d’action existent.

 D’une part, au niveau des politiques publiques les modalités de distribution des « droits à produire »  (accès au foncier, aux aides, aux quotas…) influent sur la répartition, donc sur le nombre des actifs agricoles et sur l’équilibre des territoires ruraux. D’autre part, chaque paysan sur sa ferme, est en partie responsable de la taille de ses ateliers, et par ses choix, peut aller dans le sens de la répartition ou au contraire alimenter le processus de concentration.

2. Etre solidaire avec des paysans des autres régions d’Europe et du monde.

Chaque paysan peut se considérer vis-à-vis de tous les autres en compétition ou au contraire, solidaire et complémentaire. Une politique agricole qui pratique l’agressivité sur les marchés mondiaux pour les productions où elle est excédentaire et le protectionnisme pour celles où elle est déficitaire, instaure une compétition entre paysans du monde, et donc à terme, la disparition d’un grand nombre d’entre eux. L’agriculture paysanne repose sur la solidarité et affirme deux règles majeures.

 D’une part le droit à la souveraineté alimentaire, c'est-à-dire le droit de chaque peuple, de chaque grande région du monde, à organiser sa sécurité alimentaire, et donc à protéger son agriculture et ses agriculteurs. D’autre part le droit de chaque paysan, à l’intérieur de chaque région du monde, de participer à la production et à la sécurité alimentaire.

 3. Respecter la nature. : on n’hérite pas la terre de nos parents, on l’emprunte à nos enfants.

On n’hérite pas la terre de nos parents, on l’emprunte à nos enfants. Pour produire, l’agriculture utilise des éléments physiques, vivants et fragiles du milieu naturel (eau, sol, air) qui ne lui appartiennent pas mais sont le bien de tous, aujourd’hui, et le bien des générations futures. Ces éléments naturels doivent donc être préservés.

 4. Valoriser les ressources abondantes et économiser les ressources rares.

Pour produire, l'agriculture met en oeuvre de nombreux facteurs, sol, eau, énergie, travail, capital, espace, dont certains sont abondants et renouvelables, d'autres rares et non renouvelables. L'agriculture paysanne adapte ses productions au contexte pédo-climatique pour mettre en valeur les facteurs abondants et renouvelables et économiser les autres.

 Par exemple, le travail humain effectué dans des conditions socialement acceptables est une ressource abondante, alors que la substitution du travail par le capital exige la plupart du temps une grande quantité d'énergie le plus souvent non renouvelable.

 5. Rechercher la transparence dans les actes d’achat, de production, de transformation et de vente des produits agricoles.

Chaque consommateur citoyen a le droit de suivre le processus d'élaboration d'un produit alimentaire, depuis les conditions de production des matières premières jusqu'à sa commercialisation en passant par les étapes de sa transformation. Cette exigence de transparence dépasse celle de la traçabilité, car elle implique de pouvoir vérifier l'exactitude des informations fournies, à chaque maillon de la chaine d'élaboration, quelles que soient les productions et les filières.

 6. Assurer la bonne qualité gustative et sanitaire des produits

La qualité n'est pas subjective, elle découle des conditions de sa production : taille de l'atelier, niveau d'intensification, modes d'élevages et de culture, utilisation des intrans. Ces conditions doivent être clairement décrites dans des cahiers des charges pour être officiellement reconnues, identifiables et vérifiables par le consommateur. Il s'agit des Signes Officiels de Qualité : Agriculture Biologique, AOC/AOP, IGP, labels et certificats de conformité.

 7. Viser le maximum d'autonomie dans le fonctionnement des exploitations agricoles

L'autonomie c'est à la fois être maitre de ses choix et la possibilité d'exercer cette maîtrise. Il ne s'agit pas d'autarcie, qui mène à l'isolement, mais au contraire de partenariats et de complémentarité entre les productions, entre les paysans, entre les régions agricoles, entre les acteurs locaux.

 8. Rechercher les partenariats avec les autres acteurs du monde rural

L'agriculture n'est pas un monde à part et ne doit pas être un monde en soi. Pour être viable et socialement acceptable, elle doit être partie prenante de la vie économique et sociale du territoire. Par les relations privilégiées qu'elle entretient avec le milieu naturel, elle peut être un lieu d'accueil, d'insertion et d'équilibre du territoire.

 Au même titre que l'agriculture paysanne ne peut pas être hors sol, elle ne peut être hors territoire, et pour participer aux dynamiques locales, elle doit mettre en oeuvre des partenariats avec les autres secteurs. Chaque paysan a la responsabilité, par ses choix, de faire en sorte que le territoire où il vit connaisse une vie sociale et économique équilibrée et durable.

 9. Maintenir la diversité des populations animales élevées et des variétés végétales cultivées

L'agriculture a le devoir de préserver cette biodiversité très spécifique, patrimoine à la fois naturel et humain. D'une part, pour des raisons historiques et éthiques car nous n'avons pas le droit d'éliminer en une génération une histoire de la vie qui s'est enrichie au cours des millénaires. D'autre part pour des raisons économiques. Cet immense réservoir de variétés et d'espèces répond à l'immense diversité des conditions pédo-climatiques ; relégué à l'inutile et au pittoresque par l'agriculture intensive et industrielle d'aujourd'hui, il pourrait bien redevenir notre avenir demain.

 10. Raisonner à long terme et toujours de manière globale

C'est dans la globalité que l'on arrive à tenir compte de la dimension sociale, économique et environnementale de l'agriculture paysanne : si une des dimensions manque, on n'est plus en agriculture paysanne. Celle ci correspond donc à l'ensemble des dix principes, qui sont interdépendants : chacun d'eux pris isolément n'est pas l'agriculture paysanne, chacun est une condition nécessaire mais non suffisante de l'agriculture paysanne.



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