Le loup a fait plusieurs apparitions et dégâts sur le bétail en Pays Basque Nord en été 2022 puis en mars 2025.
Le retour du loup dans les Alpes puis le reste de l’Hexagone depuis plus de 30 ans montre que malgré l’adoption de mesures de protection (chiens de protection, parcs de nuit, aides bergers etc.), les éleveurs en plein air sont confrontés à une pression (prédation, psychologique…) telle que beaucoup optent pour l’élevage hors-sol ou arrêtent leur activité.
Pour plusieurs scientifiques, la coexistence entre loups et élevage de plein air ne peut se concevoir sans « réciprocité ». Autrement dit, au delà des mesures de protection, il faut « rééduquer » les loups à craindre les humains et leurs activités d’élevage en plein air.
Le cadre administratif mis en place par l’État pour faire face aux problèmes de prédation dans les élevages n’est pas adapté au contexte de l’élevage en Pays Basque Nord. Il faudra rester attentif à l’évolution de ce cadre.
L’agriculture paysanne, très ancrée sur notre territoire se caractérise notamment par l’élevage de ruminants en plein air. La persistance et l’augmentation de la prédation du loup sur les troupeaux du Pays Basque Nord engendreraient une remise en cause profonde de ce mode d’élevage. Elle aboutirait probablement à l’arrêt d’activité de nombreux.ses paysan.nes ainsi qu’à une logique de production en bâtiments, comme seule option de protection efficace, bref du hors-sol.
La question de la présence permanente du loup est donc à mettre en relation avec le type d’élevage souhaité : de l’élevage hors-sol versus de l’élevage en plein air (en plaine et en montagne).
La cohabitation, dans le sens de « vie sans conflit » ne correspond pas au vécu des paysan.nes dans les zones de présence permanente des loups. C’est plutôt de coexistence qu’il faut parler, avec la nécessité de chercher des solutions permettant de gérer de manière efficace la prédation sur le bétail.
Pour Euskal Herriko Laborantza Ganbara, le choix est celui d’un élevage diversifié en plein air, qu’il est indispensable de conforter.
Au vu de la difficulté de la coexistence entre loups et nos pratiques d’élevage en plein air (en plaine, en estives), Euskal Herriko Laborantza Ganbara :
– affirme que, dans un contexte de nécessaire préservation de la biodiversité, la priorité des pouvoirs publics doit être de conforter l’élevage paysan de plein air ;
– demande aux pouvoirs publics d’amener le grand public à être mieux éduqué aux conduites et aux mesures de protection des troupeaux (filets, chiens de protection) ;
– considère que cette question n’est pas exclusivement une problématique de paysan.nes, mais qu’elle concerne l’ensemble de la société du Pays Basque Nord qui doit y répondre collectivement ;
– reconnaît l’intérêt d’un classement en « zone difficilement protégeable face à la prédation » tel que demandé par la Commission syndicale du Pays de Soule ;
– est en faveur, si nécessaire, de tirs de défense et de prélèvement pour réduire la prédation en assurant la sécurité juridique des auteurs de ces tirs ;
– considère que les services de l’État doivent garantir la mobilisation très rapide et efficace de brigades d’intervention spécialisées sur le territoire ;
– souhaite que cette position soit prise en compte dans la mise en place des politiques publiques de façon générale, notamment dans le projet du PNR Montage basque.
Voté par les différents collèges de l’Assemblée plénière de Euskal Herriko Laborantza Ganbara à Ainiza-Monjolose, à l’unanimité moins une abstention le 2025/09/19
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